J’ai grandi trop vite.
J’ai rencontré trop tôt certaines réalités du monde des adultes, les responsabilités, les systèmes dysfonctionnels, les blessures que l’on porte sans toujours savoir qu’elles ne nous appartiennent pas entièrement.
J’ai appris à m’adapter.
À tenir.
À me dissocier aussi.
Parce que lorsque le monde est trop violent pour notre sensibilité, parfois, on quitte doucement son corps pour continuer d’exister.
Alors j’ai vécu longtemps avec ce paradoxe immense :
une rage de vivre et, en même temps, une difficulté profonde à accepter d’être ici.
J’aimais passionnément le vivant, mais je rejetais mon incarnation.
Mon corps.
Certaines parts de moi.
Ma propre existence.
Et c’est précisément là que mon chemin de guérison a commencé.
Non pas dans les livres seulement.
Mais dans ma chair.
Dans mon histoire.
Dans mes lignées.
Dans mon féminin.
Dans la rencontre avec mon enfant intérieur et toutes celles que j’avais été avant de devenir cette femme.
J’ai dû apprendre à revenir.
Revenir dans mon corps.
Revenir dans mon histoire.
Revenir vers la femme que je suis.
Et finalement, revenir à la Vie.
Sur ce chemin, le spirituel a toujours été là.
Depuis l’enfance, je ressens une connexion profonde avec le monde invisible. La Vierge Marie a accompagné très tôt mon paysage intérieur et cette dimension christique demeure aujourd’hui l’une des racines de ma spiritualité.
Et puis il y a la Terre.
Les arbres.
Les animaux.
Les cycles.
Les éléments.
Les mondes subtils du vivant.
Cette sensibilité animiste qui m’a naturellement conduite vers les sagesses du druidisme et du chamanisme.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à séparer ces mondes.
Il y a en moi une femme qui a toujours profondément aimé la vie.
Une rêveuse.
Une rebelle.
Une artiste.
Une aventurière aussi.
Depuis toujours, j’ai besoin d’explorer.
Explorer le monde, les êtres, les expériences, les chemins de conscience, les territoires visibles et invisibles. J’aime découvrir, expérimenter, essayer, ressentir par moi-même. J’aime sortir des chemins déjà tracés pour aller voir ce qui existe un peu plus loin.
Je crois que je suis, profondément, une exploratrice du vivant.
Une enfant qui regardait déjà le monde autrement, qui s’émerveillait devant un animal, un arbre, un ciel immense, un geste de tendresse, comme si quelque chose de sacré se révélait partout à qui savait encore regarder.
Cette curiosité ne m’a jamais quittée.
J’ai besoin de rencontrer la vie pour la comprendre. De la toucher, de la traverser, parfois de me tromper, de recommencer, de changer de regard. Je n’ai jamais su apprendre uniquement depuis la théorie : j’apprends par l’expérience, par le corps, par le cœur, par la traversée.
Et pourtant, il y a aussi en moi une femme qui a longtemps eu du mal à habiter cette vie.
J’accompagne depuis cet endroit où, en moi, ils se rencontrent :
le Ciel et la Terre.
Le spirituel et l’incarné.
L’invisible et le corps.
Le sacré et profondément humain.
Je suis aussi une femme devenue mère.
Et mon fils est l’un de mes plus grands enseignants.
À ses côtés, je continue d’apprendre. Sur l’amour, la présence, nos blessures, nos projections, la transmission, et sur cette responsabilité magnifique et vertigineuse de ne pas demander à nos enfants de porter ce que nous n’avons pas encore osé regarder.
Je ne me présente donc pas comme une femme arrivée quelque part.
Je suis une femme qui marche.
Une femme qui apprend encore.
Qui explore encore.
Qui expérimente.
Qui se transforme.
Qui guérit encore.
Qui tombe parfois et revient à elle.
Et peut-être est-ce aussi pour cela que mes accompagnements sont vivants : parce que je ne transmets pas depuis un savoir figé.
Je continue de chercher, d’étudier, d’expérimenter, de rencontrer de nouvelles approches et de laisser la vie déplacer mes certitudes.
Et c’est depuis cette humanité que j’accompagne aujourd’hui d’autres femmes.
Je les accompagne dans la guérison de l’enfant intérieur, les mémoires transgénérationnelles, la reconnexion au féminin, au corps, à leur sensibilité, à leur puissance et à leur dimension spirituelle.
Je ne transmets pas seulement ce que j’ai appris.
Je transmets ce que j’ai traversé, expérimenté et intégré.
Les endroits où j’ai cru me perdre sont devenus des passages que je sais aujourd’hui reconnaître chez l’autre.
Peut-être est-ce cela, pour moi, être guérisseuse.
Non pas être celle qui guérit l’autre.
Mais celle qui sait rester près de lui lorsqu’il traverse la nuit.
Celle qui protège l’espace.
Celle qui écoute ce qui cherche à revenir à la vie.
Celle qui rappelle doucement le chemin vers la maison intérieure.
Car derrière les protections, les blessures, les héritages et les histoires que nous portons, je crois profondément qu’il existe en chacun de nous un endroit qui n’a jamais cessé d’être vivant.
C’est cet endroit que je viens rencontrer.
Et aujourd’hui, c’est depuis tout ce que je suis, femme, mère, rêveuse, rebelle, artiste, aventurière, exploratrice du vivant, accompagnante et guérisseuse, que je me mets au service de ce retour à la Vie.
Célia.
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